Pour la première fois, l’exposition itinérante Beyond The Streets pose ses bombes aérosol à Paris. Après Los Angeles, New York, Shanghai et Londres, c’est la Grande Halle de la Villette — ancien marché aux bestiaux du XIXe siècle reconverti en lieu d’exposition — qui héberge cet événement présenté comme l’un des plus ambitieux jamais consacrés au graffiti et au street art. Sur près de 3 600 m², le parcours rassemble, selon les organisateurs, plus de cent artistes de renommée internationale et fait dialoguer pièces iconiques, documents d’archives et créations conçues spécialement pour cette étape parisienne.
Au-delà de l’aspect spectaculaire, l’exposition affiche une ambition claire : faire entrer une contre-culture née dans la rue dans le récit officiel de l’histoire de l’art. Tour d’horizon de ce qui attend les visiteurs.
L’exposition : un parcours XXL à la Grande Halle #
Imaginée par Roger Gastman, historien et commissaire américain spécialiste du graffiti, fondateur de la plateforme Beyond The Streets, l’exposition se déploie comme une immersion totale dans l’univers de la culture urbaine. Le parcours mélange peintures, sérigraphies, photographies, sculptures, mode, musique et installations monumentales, dont une bonne partie aurait été conçue exclusivement pour Paris.
À lire Sticker bomb : l’art de la customisation explosive
Plusieurs espaces thématiques rythment la visite. Parmi les décors annoncés figurent une « Cosmic Cavern », une chambre d’adolescent vandale (« Vandal’s Bedroom »), une section retraçant l’« History of Spray Paint » (l’histoire de la bombe aérosol) ou encore des reconstitutions évoquant les rames de métro new-yorkaises, berceau du graffiti moderne. Un concept store orchestré par Sarah Andelman, fondatrice de la mythique boutique Colette, complète le dispositif avec des éditions limitées et des collaborations d’artistes.
Le mouvement street art : de la rue au musée #
Né dans les années 1970 dans les rames de métro de New York et sur les murs des grandes villes, le graffiti est longtemps resté synonyme de vandalisme aux yeux des institutions. Cinquante ans plus tard, le regard a radicalement changé : ventes aux enchères records, rétrospectives muséales, intégration des collections publiques. Beyond The Streets s’inscrit pleinement dans ce mouvement de légitimation, en revendiquant l’idée que cette culture a redéfini la ville, le langage, la mode, la musique et même l’engagement politique à l’échelle mondiale.
Le graffiti n’a pas attendu les musées pour exister — mais voir cette culture exposée à cette échelle change la façon dont on la raconte.
L’exposition retrace cette trajectoire à travers le travail de photographes qui ont documenté les débuts du mouvement, d’artistes du pochoir, de muralistes et de figures contemporaines. Le propos n’est pas seulement esthétique : il s’agit aussi de montrer comment ces pratiques ont nourri les contre-cultures et continuent d’irriguer la création actuelle, du design graphique à la mode en passant par la musique et le militantisme visuel.
Paris occupe une place singulière dans cette histoire. Dès les années 1980, la capitale s’impose comme l’un des grands foyers européens du graffiti, avec ses lieux emblématiques, ses crews et ses figures qui passeront ensuite des murs aux galeries. En accueillant Beyond The Streets, la Grande Halle de la Villette renoue ainsi avec une mémoire locale forte, tout en l’inscrivant dans un récit mondial qui relie New York, Los Angeles et l’Europe. L’événement entend rappeler que le street art n’est pas un phénomène figé, mais une culture vivante, mouvante, qui se réinvente à chaque génération et continue d’investir l’espace public comme les institutions.
Les artistes et les temps forts #
Côté têtes d’affiche, l’exposition réunirait des figures majeures de la scène mondiale. Sont notamment cités Keith Haring, Shepard Fairey (l’auteur du célèbre portrait « Hope » de Barack Obama), Futura 2000, Lady Pink, JR, Kenny Scharf, Barry McGee, Fab 5 Freddy ou encore le collectif féministe Guerrilla Girls. Selon plusieurs sources, une cinquantaine d’œuvres originales de Shepard Fairey offriraient un panorama de sa carrière, des compositions politiques aux créations engagées sur les enjeux environnementaux et sociaux.
À lire Le phénomène KAWS bleu : entre street art et collection exclusive
La scène française n’est pas oubliée : plus d’une dizaine d’artistes hexagonaux seraient mis à l’honneur, rendant hommage à la relation ancienne et profonde entre Paris et le graffiti. Parmi les noms évoqués figurent notamment JonOne et André Saraiva.
Les légendes du graffiti
L’engagement de Shepard Fairey
La French touch
Les décors immersifs
Infos pratiques : dates, horaires et tarifs #
L’exposition se tient à la Grande Halle de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, du 27 mai au 30 août 2026. Voici les repères clés pour organiser votre visite.
Repère
Détail
Lieu Grande Halle de la Villette, Paris 19e Dates 27 mai au 30 août 2026 Horaires Mar.-ven. 11h-19h · sam. 11h-20h · dim. 11h-18h Tarifs À partir de 15 € (standard) · à partir de 29 € (premium) Surface Environ 3 600 m² Commissaire Roger Gastman
Comptez large pour la durée de visite : entre les œuvres, les archives et les installations immersives, un parcours complet peut facilement occuper une à deux heures, voire davantage pour les passionnés. La billetterie étant déjà ouverte, la réservation en ligne d’un créneau horaire est vivement conseillée, en particulier le week-end et pendant les vacances d’été.
Questions fréquentes #
Quand a lieu l’exposition Beyond The Streets à Paris ?
+
Combien d’artistes sont présentés ?
+
Quels artistes célèbres sont annoncés ?
+
Combien coûte l’entrée ?
+
Qui est le commissaire de l’exposition ?
+
Avec Beyond The Streets, Paris s’offre une plongée spectaculaire dans une culture longtemps reléguée aux marges et désormais reconnue comme un pan à part entière de la création contemporaine. Entre noms mythiques, scène française et décors immersifs, l’exposition de la Grande Halle de la Villette s’annonce comme l’un des rendez-vous artistiques majeurs de l’été 2026 dans la capitale.
À lire Banksy et l’éléphant : l’œuvre choc qui bouscule l’art et la société
Sources : La Villette, presse culturelle et données publiques. Article mis à jour régulièrement.